250 km | 8 000 m D+ | 3 pays traversés | 2 jours de gravel autour du Mont-Blanc
Introduction
Et si l’on pouvait faire le tour du massif du Mont-Blanc en gravel, en seulement deux jours, entre France, Italie et Suisse ?
C’est le défi que nous ont lancé Scott et Jean Sulpice, chef étoilé amoureux de montagne et de sports outdoor. L’idée : réunir plusieurs ambassadeurs Scott pour partager une échappée hors du temps autour du plus célèbre massif des Alpes.
Au programme : près de 250 kilomètres et 8 000 mètres de dénivelé positif, alternant petites routes de montagne, pistes alpestres parfois exigeantes, quelques sections de portage et surtout des points de vue exceptionnels sur le massif du Mont-Blanc. Une aventure sportive, humaine et gustative, rythmée par les pauses gourmandes imaginées par Jean Sulpice et son équipe.
Pendant deux jours, nous avons suivi une trace spécialement préparée pour l’événement afin de réaliser le Tour du Mont-Blanc en version gravel. Récit.
Un défi imaginé pour partager bien plus que des kilomètres
Avant même de parler de performance ou de dénivelé, ce projet avait avant tout une dimension humaine.
Réunir des ambassadeurs Scott venus d’horizons différents, partager des heures de selle, apprendre à se connaître et vivre ensemble une expérience exceptionnelle dans l’un des plus beaux terrains de jeu d’Europe.

Le gravel se prête parfaitement à cet exercice : on roule, on échange, on prend le temps de contempler les paysages et l’on profite de chaque instant.
Et lorsque les pauses sont orchestrées par un chef étoilé passionné de sport et de montagne, l’expérience prend une toute autre dimension.
Même si le parcours avait été reconnu en amont, une légère appréhension était présente au moment du départ. Les chiffres impressionnaient déjà, mais voir les sommets encore ponctués de quelques névés et imaginer l’ampleur du défi à venir donnait une autre saveur au projet. Allions-nous réussir à boucler ce Tour du Mont-Blanc en seulement deux jours ?
Jour 1 : des alpages savoyards aux portes de l’Italie
Chamonix, le grand départ
C’est devant la célèbre église de Chamonix que débute l’itinéraire. Un lieu symbolique pour tous les amoureux d’endurance, puisque c’est ici que se retrouvent chaque année l’élite mondiale du trail et des milliers de passionnés à l’occasion de l’UTMB.
Sous le regard du Mont-Blanc, le groupe s’élance pour deux jours qui s’annoncent aussi exigeants qu’exceptionnels.
Très vite, les premiers kilomètres donnent le ton : ici, les paysages sont immenses et les ascensions ne tardent pas à se présenter.
Col du Joly, Col de la Gittaz et Cormet de Roselend
Les heures défilent au rythme des montées et des descentes.
Le Col du Joly ouvre véritablement l’aventure alpine. La longue ascension emprunte en grande partie les pistes de ski du domaine. Un terrain de jeu idéal pour le gravel, avec une progression régulière et des panoramas qui s’ouvrent progressivement sur les sommets environnants. Une entrée en matière parfaite pour prendre la mesure du massif qui nous attend.
L’ambiance change ensuite au Col de la Gittaz.

Parmi les nombreux temps forts de l’itinéraire, ce passage restera l’un des plus marquants. Situé aux alentours du kilomètre 59, il combine parfaitement ce qui fait la beauté du gravel en montagne : une trace plus étroite, quelques passages dans des pierriers, des paysages sauvages et la présence régulière de marmottes qui observent discrètement notre progression. Une ascension exigeante mais incroyablement immersive.
Puis vient l’un des joyaux du parcours : le Cormet de Roselend et son célèbre lac aux couleurs irréelles.
Après avoir rejoint la route au niveau du barrage, nous poursuivons l’ascension par l’itinéraire classique du col. Même sur l’asphalte, le spectacle reste exceptionnel. Les couleurs du lac, les alpages et les sommets environnants composent un décor parmi les plus emblématiques des Alpes françaises.
Un décor qui rappelle pourquoi le Tour du Mont-Blanc est devenu une référence pour les passionnés d’outdoor, de randonnée et d’aventure en montagne. Si la version gravel reste encore une expérimentation, la trace imaginée pour cet événement démontre tout le potentiel de cette approche.
Direction l’Italie
Après un passage par Les Chapieux, nous attaquons l’ascension du Col du Petit Saint-Bernard.
Là encore, le gravel révèle tout son intérêt. Les six à sept premiers kilomètres se réalisent sur une petite route particulièrement agréable avant de laisser place à une magnifique piste qui nous accompagne jusqu’à environ deux kilomètres du sommet. Une alternative particulièrement séduisante à la montée intégralement routière.
L’ascension est longue, mais les paysages récompensent largement les efforts consentis.
Au sommet, quelques nuages menaçants nous rappellent que la montagne reste imprévisible. Nous basculons rapidement vers l’Italie avec un objectif simple : devancer l’orage annoncé.
Mission accomplie.
Seules quelques gouttes nous accompagnent dans la descente. Juste assez pour nous rafraîchir après cette longue journée, sans jamais réellement perturber notre progression.
L’atmosphère change progressivement. Les montagnes restent immenses mais les villages, les routes et la lumière racontent déjà une autre histoire.
L’arrivée à Courmayeur marque la fin d’une première journée riche en émotions et en kilomètres.
Une soirée italienne bien méritée
Après avoir dépassé Courmayeur, nous rejoignons notre hébergement pour la nuit.
L’occasion de partager un moment convivial autour d’un dîner préparé par Jean Sulpice et son équipe. Une parenthèse gourmande particulièrement appréciée après une journée déjà bien remplie.
La récupération est au cœur des discussions, car chacun sait que le principal défi nous attend encore le lendemain avec l’ascension du Grand Col Ferret.
Une bonne nuit de sommeil plus tard, les batteries sont rechargées.
Jour 2 : le Grand Col Ferret, cœur du Tour du Mont-Blanc gravel
Un réveil plein d’enthousiasme
Au petit matin, l’ambiance est particulièrement positive. Malgré la fatigue de la veille, tout le monde est heureux de se retrouver pour cette deuxième journée qui s’annonce mémorable.
Au départ de Courmayeur, tous les regards sont tournés vers l’objectif du jour : le Grand Col Ferret.
Une approche grandiose par le Val Ferret
Les premiers kilomètres dans le Val Ferret italien sont magnifiques.
La pente reste relativement douce au départ, permettant de profiter pleinement du décor. Progressivement, la vallée se resserre, les sommets se rapprochent et la difficulté augmente.
Le décor devient plus minéral, plus sauvage.
À partir du Refuge Elena, les choses sérieuses commencent réellement.
Le Grand Col Ferret, moment suspendu
S’il ne fallait retenir qu’une seule image de ce Tour du Mont-Blanc gravel, ce serait probablement celle-ci.
Situé aux alentours du kilomètre 160, le Grand Col Ferret constitue sans aucun doute le point culminant du tracé.
Une ascension d’abord à vélo, puis à pied lorsque la pente se redresse, avant de remonter en selle pour les derniers mètres.
Au sommet, la frontière suisse apparaît et le spectacle est total.

Ici, le temps semble s’arrêter.
Le regard porte loin sur les vallées alpines et chacun mesure le privilège d’évoluer dans un tel environnement.
La beauté du lieu est à la hauteur des efforts nécessaires pour l’atteindre.
La Suisse version gravel
Après la descente du Grand Col Ferret, le parcours traverse La Fouly, Orsières puis Champex-Lac.

Le rythme ralentit un instant le temps d’une pause au bord du magnifique lac de Champex. Un moment apprécié de tous, entre récupération, contemplation et partage.
Autant de petits instants qui participent à rendre cette aventure unique.
La montée des Diligences : le dernier défi
Alors que l’arrivée semble se rapprocher, le parcours réserve encore une surprise.
La montée des Diligences.
3,5 kilomètres à près de 14 % de moyenne et 38 virages qui s’enchaînent dans la pente.
Un ultime effort avant de retrouver les sentiers en balcon sur la vallée du Trient puis de basculer vers la France.
Retour à Chamonix : la boucle est bouclée
Le Col des Montets franchi, il ne reste plus qu’à plonger vers Chamonix.
L’arrivée devant la célèbre église marque la fin de deux journées intenses et la réussite de ce Tour du Mont-Blanc gravel.
Mais au-delà des kilomètres et du dénivelé, ce sont surtout les souvenirs qui restent : les paysages traversés, les discussions partagées, les moments de convivialité et cette sensation unique d’avoir fait le tour complet du massif du Mont-Blanc à vélo.
Ce que nous retenons :
Le Tour du Mont-Blanc gravel est bien plus qu’un itinéraire.
Grâce à l’initiative de Scott et de Jean Sulpice, cette édition a également rappelé qu’une grande aventure se construit autant autour des paysages et de l’effort que des moments de partage qui la rendent inoubliable.
Et lorsqu’on referme la porte de cett escapade à Chamonix, une seule envie demeure : repartir.

Le matériel utilisé
Pour ce Tour du Mont-Blanc en gravel, j’ai roulé sur un :
- Scott Addict Gravel RC
- Groupe SRAM Red XPLR 13 vitesses
Un montage parfaitement adapté à ce type de parcours où les longues ascensions alpines côtoient les pistes rapides et les portions plus techniques.
Notre Tour du Mont-Blanc version gravel
Quelques conseils avant de vous lancer
Ne sous-estimez pas ce parcours.
Même dans cette version gravel, le Tour du Mont-Blanc reste un parcours Alpin montagneux qui demande de l’engagement physique. Avec près de 8 000 mètres de dénivelé positif, il exige une bonne condition physique, une gestion rigoureuse de l’effort et un matériel adapté, notamment en matière de braquets.
La météo constitue également un élément clé. En montagne, les conditions peuvent évoluer très rapidement et transformer une journée agréable en expérience beaucoup plus exigeante.
Mieux vaut partir préparé à toutes les situations.
Remerciements
Un immense merci à l’ensemble des participants pour leur bonne humeur et leur esprit d’équipe tout au long de ces deux jours.
Merci à Scott pour l’organisation de cet événement hors normes ainsi qu’à Jean Sulpice et à toute son équipe pour les pauses gourmandes qui ont sublimé cette aventure.
Merci à Corentin Salle pour les magnifiques photographies et Jean Meybeck pour la réalisation vidéo qui immortalisent ces moments.
Enfin, merci à Pascal Chavas pour son accompagnement précieux et le travail réalisé autour du tracé.
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